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Caroline DUCHATELET MAJ 06/10/2020

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Vidéos
 

Notes sur la documentation des vidéos

Caroline Duchatelet filme la lumière. À la fin de la nuit, à l’aube, pendant le jour par temps instable (série des films-sabliers) et le soir, quand elle décline. Les vidéos sont des plans fixes. Le mouvement de l’image naît des variations de la lumière. Les films sont silencieux, il n’y a pas de bande-son.

La série des aubes requiert une salle noire de façon à ce que les premières lueurs soient perceptibles. Les films commencent ainsi dans le noir. De l’inconnu de la nuit se découvrent peu à peu des formes, l’émergence d’un paysage, sa pleine lumière. Il y a l’épreuve du noir et son absence de repères, puis vient l’expérience, haptique avant d’être visuelle, d’une durée modulée par les intensités croissantes de la lumière.

Pour l’ensemble des films, les heures d’enregistrement sont concentrées en une durée recomposée. Le montage porte ainsi principalement sur des variations de vitesse imperceptibles (accélération/ralentissement/temps réel). L’expérience de cette temporalité interne au film est essentielle : il s’agit de donner corps à une intensité, un rythme, un crescendo ou un decrescendo, avant de penser en terme d’image.

Ce sont les raisons pour laquelle ces vidéos ne sont pas visibles en ligne, et qu’il n’est pas possible d’en présenter des extraits.

Aussi ce sont des vidéogrammes qui les documentent ici, avec l’inévitable accent qu’ils portent alors sur l’image, alors que ce que ces films donnent à vivre avant tout, c’est un flux de lumière et ses modulations, son rythme et les transformations qu’il opère.

Notes on the documentation of the videos

Caroline Duchatelet films the light. At the end of the night, at dawn, during daytime when the weather makes it unstable (the ''films sabliers'' series), and in the evening, when it declines. The frame is fixed. The movement arises as the light changes. These are silent videos, there is no soundtrack.

The dawn series requires a dark viewing room so that the first glimmers of light can be perceived. From darkness, from the unknown of the night one gradually discovers forms, the emergence of a landscape, as the light increases. One is drawn into the darkness and its absence of references, and then gradually one senses something emerging, it's felt before it is seen, over a period modulated by the increasing intensities of light.

For all the films, the recorded hours are concentrated in a recomposed time. The editing focuses on imperceptible speed variations (acceleration/slowdown/real time). The experience of this inner temporality is essential: the priority is to give form to an intensity, a rhythm, a crescendo or a decrescendo, before thinking in terms of image.

For these reasons, these videos (or excerpts from these videos) cannot be displayed online.

Therefore, it is through stills from the videos that these films are documented, with the inevitable emphasis on the image. However, what the films themselves give, above all, is a flow of light and its modulations, its rhythm, and the transformations that come with it.

 
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duo cadèl
 

Depuis 2016, nous avons, Delphine Wibaux et moi, engagé un dialogue d’atelier.
Nous y faisons entrer en résonance des textes, des pensées, des formes, des images. Nous partageons des temps d’atelier.

Ce qui nous relie :
Explorer, faire l’expérience d’un paysage.
Y déployer des gestes, ressentir, écouter, filtrer, tamiser lumières et matières.
Être attentives à l’émergence de la lumière, ses traversées, son effacement, une temporalité hors mesure.
Accueillir ce qui est en suspens, ce qui passe, ce qui se dépose.
Être présentes, avec une attention corporelle et physique à l’interstice, à la transformation.
Apprivoiser la lenteur d’un espace, d’un être, d’un geste. Accompagner l’imprévisible.
Agencer, faire co-exister le vaste (dehors) et l’infime (concentré).

Since 2016, Delphine Wibaux and I have been developing an artistic dialogue.
We have been exchanging texts and thoughts, gathering and assembling forms and images and sharing times of exploration.

That which connects us :
Explore, experience a space, a landscape.
Extend gestures, feel, listen, filter the light. Sift and concentrate matter.
Be attentive to the emergence of light, its pathways, a time without measure.
Gather that which is suspended and that which is settling.
Be present, with a physical attention to the in-between, to the tranformation.
Navigating the slowness of a space, a being, a gesture. Grasping or accompanying the unforeseen.
Bring together the vast and the barely perceptible, explore spaces in-between things chosen and random, let go.

Translation : Karen Long