(Auto)Fictions
débutée en 2019
Les (Auto)fictions trouvent leur source dans la série précédente “Fictionaute”.
Le point de départ est une projection qui a “mal tourné”, où plusieurs éléments sont venus se greffer au-delà de ma seule incursion. L’ambiance de la scène s’en est drastiquement retrouvé chamboulée jusque dans son ressort narratif. Dans une certaine forme de sérendipité, un travail de dessin a progressivement émergé en se laissant davantage aller à l’instinct, sans projeter de dessein ou figer de composition finale au préalable. Le récit est ainsi mouvant, évoluant au gré du processus de production.
Ces fictions nous projettent au cœur de l’action. Le regardeur fait face, sans beaucoup d’indications, à un arrêt sur image où il doit se débrouiller pour inventer, s’il le veut, l’avant et/ou l’après de la scène afin d’y trouver un sens qui lui serait propre.
L’incertitude de l’action crée une hésitation : y a-t-il un message contenu dans cette mise en scène ? Un élément de compréhension manque-t-il pour le saisir pleinement ? Il est indéniablement en train de se passer quelque chose mais le quoi reste à définir. Nul niveau de lecture n’est imposé, les scènes qui composent cette série restent suffisamment ouvertes à interprétation pour laisser libre cours à l’imaginaire et aux projections fantasmatiques de chacun.
Ces scènes contiennent autant d’éléments pouvant provoquer des “déjà-vu” que de contenus autres, plus personnels. Les visuels identifiables sont aussi bien puisés dans l’histoire de l’art (peinture, photo etc) que dans la BD, le cinéma, les séries/animes, Internet etc... L’ambiguïté de ces différents éléments ainsi mis en présence instaure un trouble, une certaine perte de contrôle. Se raccrocher à sa culture, sa (re)connaissance du visuel, c’est prendre le risque de se couper de son nouvel environnement narratif. L’histoire, même quand on pense la connaître, échappe toujours en partie dans la multiplicité narrative que lui confère son nouvel environnement, où le regard peut circuler dans l’espace de la feuille et y découvrir de nouveauxéléments pouvant, parfois, emmener vers d’autres niveaux de lectures voire d’autres narrations. Un dialogue entre le conscient et l’inconscient, une mise en forme de ce qui a pu émerger. Le dessin comme un écrin au pulsionnel et la narration comme un détournement du libidinal. La frontalité peut déranger mais la mise en relation non hiérarchisée des genres, des sexualités interpelle.
Les récurrences, qu’elles soient de l’ordre de la nudité ou des touches de couleurs, ne sont que des dérivatifs aussi bien du point de vue du récit que du visuel. La présence de nudité est une recherche visant à dépasser la dimension libidinale pour en faire un véritable vecteur narratif, élargissant encore davantage le champ des possibles fictionnels. Sans être systématiques, ces récurrences sont des éléments notables de ces (Auto)fictions en regard du reste de ma production. |
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Vue d'exposition, Espace à vendre, 2023
Photographie Sidney Guillemin |
Vue d'exposition, Galerie Eva Vautier
Photographie François Fernandez |
| Vue d'exposition, Le 109, 2020 |
| Vue d'exposition, Le 109, 2020 |