Fictionaute
débutée en 2012
J’aime me présenter comme un fictionaute, un explorateur de mondes fictionnels.
Cette démarche me permet d’interroger et explorer des émotions somme toute personnelles par le biais de fictions collectives. Le bénéfice secondaire est quasi thérapeutique, en devenant partie prenante des fictions et images dont je m'abreuve quotidiennement, je tente d’en renverser le phénomène d'emprise qu’elles suscitent sur moi.
Ce projet possède d’autres visées comme celle de se raconter soi, au travers de récits m’ayant accompagnés dans le temps ou encore de tester les modalités d’interaction avec la création d’autrui. En aucune façon, au sein de ces projections, je ne prends la place d’un autre personnage : je m’efforce constamment d’y trouver la mienne, dans l’image comme dans la narration.
Le jeu peut s’étendre à la reconnaissance de cette figure récurrente que ma présence induit : quel est le statut de ce “type” présent dans toutes ces images de fictions sans grand lien entre elles ? Dès lors, ma fonction au sein de chaque dessin, en tant que “personne/personnage”, peut très bien être abordée comme une représentation archétypale capable de fonctionner au sein de tous genres et époques ou encore comme un individu lambda dont on interroge le processus d’identification. Je peux, dès lors, potentiellement servir de réceptacle à la projection du spectateur, invitant à une certaine mise en abîme : une projection dans une projection.
Il peut également s’agir d’entraîner une réflexion sur la frontière entre personne et personnage : où finit l’un et où commence l’autre ? Etre ainsi mis en scène fait-il de moi un personnage ou ma présence/émotion suffisent-elles à accorder une dimension davantage ancrée dans le réel à ces productions issues de l’industrie audio-visuelle ?
Un jeu peut, par ailleurs, potentiellement se mettre en place dans la confrontation du public avec ce groupement de scènes dessinées. En premier lieu, à l’échelle de la séquence représentée, le renvoyant à sa propre mémoire de spectateur du film/série d’origine, à condition, bien entendu, qu’il ait vu ce dernier et/ou réussi à identifer cette scène comme issue d’une production support pré-existant. |