Le projet Alidade, emprunte à l’astrolabe quelques éléments formels autant que philosophiques tout en poursuivant une interrogation sur les relations entre construction et espace.
L’artiste est parti de l’une des maquettes qui accompagnent continuellement son travail d’atelier, ébauchée en 2007 : deux formes identiques, pliées chacune selon un angle de 23,5°, puis aboutées pour constituer une ligne droite au sommet de la construction.
L’alidade est l’un des parties de l’astrolabe, une règle mobile qui servait à élaborer tous les calculs de temps et d’espace. Le titre de l’œuvre insiste sur la notion de mesure de la culture arabo-musulmane.
L’œuvre se présente comme un vaste espace circulaire, dont le sol porte les indications des différentes mesures géographiques : les deux lignes en pointillé qui se croisent au centre à 90° correspondent aux axes nord/sud et est/ouest ; les deux cercles noirs indiquent l’Équateur et le Tropique du Cancer, tandis que le Tropique du Capricorne est suggéré par la circonférence extérieure du plateau. Les cercles concentriques en laiton – qu’on nomme en astronomie almicantarat – permettent comme dans un vrai astrolabe de calculer pour un lieu donné, en l’occurrence ici Djeddah, les heures du jour et de la nuit.
En bordure du plateau, deux bandes en relief portent des encoches correspondant à des repères de d’espace-temps : les degrés, marqués de 10 en 10 jusqu’à 180° sur chaque demi-cercle. La bande intérieure indique les heures de nuit, la bande extérieure celles du jour, scandées par des volumes bleu outremer. Au-delà de la bande intérieure, côté sud, sont gravés à titre indicatif les mois de décembre et janvier, autrement dit le cycle d’une année.
Les cercles concentriques en laiton – qu’on nomme en astronomie « almicantarat » – permettent comme dans un vrai astrolabe de calculer pour un lieu donné, en l’occurrence ici pour Djeddah, les heures du jour et de la nuit.
Les deux volumes de la partie centrale évoquent en quelque sorte le corps de l’alidade, et projettent l’ensemble dans une réflexion sur l’orientation. Ils sont très exactement situés dans la direction de la Mecque. Ils sont pliés chacun selon un angle de 23,5°, qui est la mesure précise sur laquelle se fonde l’astrolabe, puisqu’il désigne l’inclinaison de la terre par rapport à l’axe nord-sud.
Leur écartement permet aux visiteurs de rentrer à l’intérieur du dispositif et d’expérimenter physiquement la notion d’espace et l’orientation. |