Darius DOLATYARI DOLATDOUST 

Sans souvenir j’ai en mémoire cet empire
Galerie Suzanne Tarasieve
2024

 
 
 
 

Cold cigarette, patchwork de tissus, 90 x 250 cm - 2023
La peau, haut en lin, brodé de coton noir et pantalon en laine matelassé - 2017
Wearing the dead, vidéo performance , 7’21“ - 2020 voir la vidéo

 
Darius Dolatyari-Dolatdoust est plasticien, performer, designer et chorégraphe. Il aborde dans son travail, les multiples facettes de l’identité, la quête des origines et parle du corps comme d'une matière en mouvement. Le travail de Darius prend racine dans le dessin qui devient un guide que la matière vivante du textile déforme et trouble. Patchworks, feutres, quilts introduisent des erreurs, insufflent une vitalité imprévisible, transformant l'œuvre statique en une création organique et dynamique.
 
     
   
    L’homme et le taureau, feutre de laine, 120 x 140 cm - 2024
 
     
   
    La chambre du matador, quilt, 180 x 120 cm - 2023
 
La chambre du matador est une installation textile qui déploie le vestiaire complexe du matador. Cette proposition s’articule à un projet chorégraphique que l’artiste mène en duo avec le chorégraphe Grégoire Schaller, autour de la figure du matador et de l’univers tauromachique. Cette recherche vise à déconstruire l’image virile et dominatrice de cet archétype issu d’un univers patrimonial du Sud de la France et de certaines régions espagnoles.

Le matador est une figure profondément ambiguë. D’un côté, elle perpétue la construction d’une forme de masculinité patriarcale exacerbée, celle de l’homme courageux qui défie la mort face à l'animal « sauvage ». Pour autant, il est façonné par une silhouette flamboyante, paré du traditionnel habit de lumière composé de ballerines vernies, de bas roses, de vêtements excessivement moulants et de multiples ornements étincelants faits de perles et de broderies d’or. Dans cette vitrine, l’ensemble des attributs vestimentaires qui constituent cette tenue sont littéralement épinglés, comme pour mieux disséquer cette figure. En inversant le rapport traditionnel de domination de l’homme sur l’animal qui se trouve contrôlé, observé, immobilisé, martyrisé, le matador voit son anatomie déconstruite et étalée sous nos yeux, à l’image du papillon mort aux ailes chatoyantes objectifié sur la planche de l’entomologiste.
 
     
   
    Portrait de papa 1-5, peinture à l’huile, 21 x 14,85 cm - 2017
 
     
   
    Daddy’s temple 1, 2 & 3, installation (structure en bois, feutre, peinture acrylique, audio) - 2024
 
Avec l'installation Daddy's Temple, Darius Dolatyari-Dolatdoust donne au public à voir et à écouter trois des épisodes marquants de la vie de son père. La déambulation à travers les arches atteste du parcours d'un exilé, une histoire personnelle qui dépasse l'intime pour s'inscrire dans le vaste contexte de l'histoire récente de l'Iran, convoquant à la fois mémoire collective et politique.
 
     
   
    The fight of love, quilt, 190 x 120 cm - 2019
 
     
   
    Fine flower (orange), installation, vanity en bois et costume
en collaboration avec Constance Tabourga - 2024
La chambre du matador, quilt, 180 x 120 cm - 2023
Les joueurs 2 & 3, patchwork de tissus, 80 x 120 cm - 2024
 
Avec les installations Fine Flowers qui agissent comme des espaces de transformation, les performeur.euses se métamorphosent par le rituel de l'habillement, couche après couche.
 
     
   
    Portraits of Lovers 2, quilt, 96 x 66 cm - 2022
Fine flower (vert), installation, vanity en bois et costume
en collaboration avec Constance Tabourga - 2024
Wet dream, patchwork de tissus, 135 x 205 cm - 2022
 
     
   
    Fine flower (violet), installation, vanity en bois et costume
en collaboration avec Constance Tabourga - 2024
 
Darius Dolatyari-Dolatdoust est plasticien, performer, designer et chorégraphe. Il aborde dans son travail, les multiples facettes de l’identité, la quête des origines et parle du corps comme d'une matière en mouvement. Le travail de Darius prend racine dans le dessin qui devient un guide que la matière vivante du textile déforme et trouble. Patchworks, feutres, quilts introduisent des erreurs, insufflent une vitalité imprévisible, transformant l'œuvre statique en une création organique et dynamique.

Darius Dolatyari-Dolatdoust parle le langage universel des enfants d’exilés qui font face au mutisme de leurs parents. Lorsque le passé se fait trop douloureux et que le besoin d'appartenance au pays d'accueil se fait trop grand, comment parvenir à transmettre son héritage, comment retisser le fil d’une narration rompue ? Fils d’un père iranien ayant fui son pays suite à la Révolution islamique de 1979, Darius a souffert de cet héritage manqué, jamais formulé et a progressivement nourri un fantasme autour de celui-ci.

Avec l'installation Daddy's Temple, Darius Dolatyari-Dolatdoust donne au public à voir et à écouter trois des épisodes marquants de la vie de son père. La déambulation à travers les arches atteste du parcours d'un exilé, une histoire personnelle qui dépasse l'intime pour s'inscrire dans le vaste contexte de l'histoire récente de l'Iran, convoquant à la fois mémoire collective et politique. Cette installation dialogue avec les peintures et patchworks au mur, représentant d'après des archives personnelles, le père de l'artiste ou des membres de sa famille restés en Iran. Grâce à ces œuvres, Darius Dolatyari-Dolatdoust parvient pour la première fois à réunir parents et proches jusqu'alors dispersés ou oubliés, pour toucher au cœur de l'expérience humaine de l'exil et de la résilience.

  La suite de l'exposition met en lumière l'aspect performatif et chorégraphique du travail de l'artiste dans lequel costumes, installations performatives et vidéo se rencontrent. Le travail du costume est majeur pour Darius Dolatyari-Dolatdoust puisque c'est à partir de ces créations qu'il invite les performeur.euses à dépasser l’identité définie par les contours de leurs corps, devenant des êtres hybrides humain-animal. Dans la performance Wearing the Dead, les costumes sont inspirés de l'iconographie et des chants traditionnels iraniens. Ils permettent à l'artiste d'activer une chorégraphie de la mémoire dans laquelle le textile devient une seconde peau favorisant le dialogue avec l'héritage perdu de l'artiste. Avec les installations Fine Flowers qui agissent comme des espaces de transformation, les performeur.euses se métamorphosent par le rituel de l'habillement, couche après couche.

La dernière pièce de l'exposition expose les travaux de recherches captivants menés par l'artiste autour de la figure du matador, personnage à la fois emblème de virilité et délicat et raffiné dans ses costumes, frôlant une esthétique presque féminine. Cette dualité du matador s'inscrit dans un travail plus général de l'artiste autour de l'identité et des contradictions inhérentes à la masculinité et aux injonctions de genre.

Jeanne Guillaume

 
CRÉDIT PHOTOS :
REBECCA FANUELE (1)
DARIUS DOLATYARI-DOLATDOUST (2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9)