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| « Eux dansent dans le feu » est la première exposition personnelle de Darius Dolatyari-Dolatdoust à la Galerie Fahmy Malinovsky, réunissant l’inventaire des pièces textiles et céramiques créées pendant sa résidence à la Fondation Fiminco, qui composent le décor de la vidéo "Red room", en co-création avec l’artiste Sarah-Anaïs Desbenoit. |
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| Le décor de la chambre est le personnage principal. Ses couleurs évoquent le matador et ses atours colorés : le rouge de sa muleta (cape), le rose de ses medias (chaussettes) et le noir de sa montera (toque). L’ensemble met en scène une forme exacerbée de la masculinité, fantasmée et fétichisée. |
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| C’est un aplat de rouge d’une forme parfaite. Un ovale dans lequel deux protagonistes s’étreignent ou se débattent. S’il est question d’un acte charnel, on ignore le consentement du personnage frêle qu’étreint un taureau à la carrure monstrueuse. La bête a les yeux écarquillés. Son regard dévore sa proie tout en fixant le spectateur, témoin de la scène qui se donne à voir dans un voyeurisme à peine voilé. L’autre a les yeux clos par le sommeil. Assiste-t-on à un acte de violence ? À première vue, le geste de l’homme, créé par le mouvement du bras gauche, tendu, peut s’apparenter à un réflexe de défense, mais les jambes semblent épouser les contours de la créature, s’accrocher à son bassin et céder à cette danse des corps. |
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Le dos du buffle reprend la forme arrondie du cercle et crée un élan dans cette rondeur érotique, lancinante. On entend le rugissement, on sent le souffle chaud sur la nuque. Darius Dolatyari-Dolatdoust est catégorique, il s’agit d’un entrelacement amoureux même s’il souhaite cultiver cette ambiguïté que l’on retrouve dans The fight of love, broderie matelassée réalisée en 2019.
Chirine Hammouch |
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« Eux dansent dans le feu » est la première exposition personnelle de Darius Dolatyari-Dolatdoust à la Galerie Fahmy Malinovsky, réunissant l’inventaire des pièces textiles et céramiques créées pendant sa résidence à la Fondation Fiminco, qui composent le décor de la vidéo "Red room", en co-création avec l’artiste Sarah-Anaïs Desbenoit.
Le décor de la chambre est le personnage principal. Ses couleurs évoquent le matador et ses atours colorés : le rouge de sa muleta (cape), le rose de ses medias (chaussettes) et le noir de sa montera (toque). L’ensemble met en scène une forme exacerbée de la masculinité, fantasmée et fétichisée.
L’artiste nous propose plusieurs degrés de réalité et le public confronté au décor doit accepter de rejouer l’illusion. Est-ce que les visiteur·euses déambulent dans les coulisses ou sont-iels une scène de plus ? Aux spectateur·rices de reconstituer les scènes et chorégraphies possibles avec les œuvres présentées. Darius Dolatyari-Dolatdoust réfléchit à la façon dont un vêtement et une scénographie sont déjà une proposition de danse, par la manière dont ils contraignent ou accompagnent nos corps. Les costumes sont suspendus, on pense pouvoir se reposer, boire et ainsi répéter le cérémonial de nos transformations quotidiennes. La scénographie de cet intérieur est le sujet essentiel. L’artiste apporte une préciosité aux objets de l’ordinaire. Dans cette pièce, rien d’important ne se passe, rien de notable n’est évoqué. Le spectacle des choses et de la matière, riche, muette, loin d’être anodin, est une jubilation permanente. Le moi est absent, et si quelqu’un entre, il ne sera qu’un événement parmi d’autres. |
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Alignés comme dans une salle de musée, les objets réunis nous opposent l’intrigue silencieuse d’un catalogue vierge et inconnaissable. Ils aiguisent une énigme des origines. L’accumulation de ces objets presse la question du manque ; celle qui hante aussi l’histoire des collections et des arts. Une couverture de lit sans lit, un vêtement sans silhouette, un mobilier sans appartement, l’absence prend de la place. A qui appartiennent ces objets laissés sur le banc de la nuit ? D’où viennent-ils ? De quelle existence sont-ils les preuves ? Parfois l’intime ne laisse pas d’archive et les anonymes de l’Histoire sont effacés. Comment inventer une représentation à l’endroit du manque ?
L’exposition montre une variation des questionnements de l’artiste qui tissent ensemble identités et fictions. Empêché de se rendre dans le pays de son père, mais entouré d’images et documents d’archives familiaux, d’enregistrements audios - il invente son musée-maison. Il fabrique sa propre collection de costumes traditionnels et d’objets décoratifs. Il crée une histoire et déplace reliques et fétiches d’une fiction à une autre. Il s’empare d’objets inventés, le reliant à un pays interdit, pour mieux faire et défaire les parures des identités que l’on revêt. Nos identités sont d’infinissables métamorphoses, un vestiaire.
Alicia Fahmy et Ludmilla Malinovsky |
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CRÉDIT PHOTOS :
ALEXANDRE COSTES (1, 2, 5, 8, 10)
DARIUS DOLATYARI-DOLATDOUST (3, 4, 6, 7, 9) |
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