The earth tower of Rokko and Awaji, 2024
Terre de granite décomposé (masado) provenant de l’ancien site de l’Oriental Hotel sur le mont Rokko ; terre (asagi) issue de la formation de Goshikihama sur l’île d’Awaji ; un zelkova abattu, qui s’inclinait sous sa propre masse le long de la route près de l’entrée de l’ancien site de l’Oriental Hotel ; des planches de récupération ; des blocs de granite de Mikage, issus d’un stockage local ; des vêtements sur mesure de MANU FABER (marque explorant la physicalité) ; des lianes d’amarrage (Cocculus orbiculatus) trouvées dans une carrière à Awaji ; un chariot-sac à dos conçu par Hajime Nii
Tour : 200 x ø 130 cm
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Cette tour hexagonale en terre d’environ 8 tonnes a été réalisée selon la technique du « pisé » sur le site de l’ancien Hôtel Oriental du mont Rokko à Kobe.
La montagne de Rokko et l’île d’Awaji sont issues d’une même couche géologique, émergée il y a 1,2 million d’années. J’ai mêlé et compacté les terres de ces deux lieux en les élevant jusqu’à ma taille (175 cm). Ce travail s’est fait uniquement avec mon corps et des outils fabriqués à partir d’un zelkova abattu, un arbre penché vers la rue sous son propre poids.
Depuis une carrière d’Awaji jusqu’au mont Rokko (alt. 770 m), j’ai transporté une masse de terre équivalente à mon propre poids (67 kg), parcourant 94 km à pied en cinq jours. J’ai résisté à la gravité qui m’attire vers le bas.
Les montagnes s’érodent par des glissements de terrain naturels ou sont entaillées pour le remblaiement maritime. Avec le temps, la matière ne cesse de s’écouler vers le bas. « Ajouter de la terre à la montagne » agit à contre-courant des dynamiques naturelles et de la perte de matière : néguentropie.
Cette tour en terre, construite à l’échelle d’un individu, révèle à la fois le potentiel et la limite de chacun. Face à une société façonnée par des masses colossales de matière, mesurer à cette échelle donne le vertige : espoir irrationnel. |
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Vidéo 4k / 35’47’
Exposition Rokko meets arts beyond 2024, Kobe, Hyogo, JP |
Présentée lors de l’exposition, la vidéo prolonge cette exploration sous la forme de « poetry of road-work/walk », révélant comment les gestes du corps s’inscrivent dans un milieu naturel et humain.
Les images dévoilent des scènes à la fois poétiques et satiriques : à Awaji, le sanctuaire d’Izanagi, figure fondatrice de la mythologie japonaise, côtoie une boutique Hello Kitty, icône de la culture pop japonaise ; la faille de Nojima conserve la trace du séisme de 1995.
Vers Kobe apparaissent les îles artificielles du port, issues de la terre extraite du massif du Rokko, tandis qu’une autre partie du même massif est reboisée depuis plus d’un siècle.
Quoi qu’il en soit, l’homme accomplit son labeur à travers le temps.
« Sans l’espérance, on ne trouvera pas l’inespéré, qui est introuvable et inaccessible. »1 |
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| 1. Héraclite, Fragment 18 |
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Carte – Itinéraire d’Awaji au Rokko
4–10 août 2024 / 5 jours à pied / 94 km |
Les légendes indiquent le lieu, la date et la distance parcourue ce jour-là. L’icône de caméra signale les scènes apparaissant dans la vidéo, tandis que l’icône de lit indique les lieux de bivouac ou d’hébergement. L’ensemble du parcours est filmé en auto-captation.
La scène marquante où je danse sur la colline se déroule sur le tumulus de Goshikizuka, construit à la fin du IVe siècle avec des pierres transportées depuis l’île d’Awaji. Le fait d’avoir acheminé d’importantes quantités de pierres à travers le détroit d’Akashi, réputé pour ses courants violents, évoque un sentiment de respect et de mystère envers Awaji.
En haut à gauche de la carte apparaît le même dessin géométrique que dans la vidéo : il renvoie aux points cardinaux. Le triangle symbolise la montagne et indique le nord ; il figure également la course du soleil — lever (demi-arc), zénith (cercle), coucher (demi-arc). La tour de terre a été construite selon cette même orientation. |
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