 |
| Vue de l’exposition De la pierre au pétale, avec GabrielF, sortie de résidence d’artiste Shakers, Fond d‘Art Moderne et Contemporain, Montluçon, 2020 |
| |
| |
| |
| |
 |
| |
 |
| |
 |
Das Wanderobjekt Nr. 3 (l’objet ambulant N°3), 2020
Teintures végétales (épines et cônes de cèdre, bois du Brésil, sophora japonica de Lourmarin), huile sur toile de coton, laine brute de la ferme de Rhodais, portes d’armoire en bois, planches trouvées dans l’atelier, branchage, colle de peau de lapin, pigments industriels (du Luberon et d’autres), térébenthine avec dammar, ciment blanc et béton gris avec filasse, plantes du terrain de Shakers, compost fait pendant la résidence de 3 mois par les artistes, roulettes
445 × 127 × 179 cm |
| |
| |
| |
| |
 |
| |
 |
Assemblage N° 9, 2020
Teintures végétales (bois du Brésil, sophora japonica de Lourmarin), huile sur toile de lin, laine brute de la ferme de Rhodais, colle de peau de lapin, pigments industriels (du Luberon et d’autres), térébenthine avec dammar, tronc donné par le jardiner de Montluçon, feu, ciment blanc avec filasse, béton gris, chaise d’enfant en plastique, partie de confiturier en zinc, une chaussure d’enfant trouvée
365 × 34 × 31 cm |
| |
| |
| |
| |
 |
Geste architectural N° 3, 2020
Vidéo, 32’20
Fond d’Art Moderne et Contemporain, Montluçon |
| |
| |
| |
|
| |
| |
| |
| |
Dans la forme, ils semblent opposés, légèreté et couleur d’un côté ; de l’autre la pierre, le gris du plomb.
Le nomade et le sédentaire.
Au vaisseau, le vent et l’ancre sont nécessaires.
Sur le chemin, le pèlerin demande parfois une parole à l’ermite ; en réponse, souvent, l’ermite garde le silence. Tous deux sont en chemin.
Deux temps différents. La même quête de l’« imago mundi », de l’image du monde, pour s’incarner, anime les artistes. Ce décalage est fertile. Cette différence est nécessaire, comme les deux pôles de l’axe qui fait tourner la terre.
On retrouve la « coincidentia oppositorum » chère à Nicolas de Cuse, qu’il développe dans son traité « De la docte ignorance », mais qui existait déjà chez les présocratiques, cette coïncidence des opposés qui dépasse la contradiction et permet d’avancer vers une unité, riche de sa diversité, donc vivante, où tous les microcosmes demeurent.
Si le bois se transforme en pierre un peu plus vite que dans la nature, une feuille pousse sur cette pierre, et le cycle continue de tourner. Cet exemple évident peut analogiquement se lire dans les autres œuvres présentées.
L’œuvre d’un artiste est un miroir, plus ou moins efficace. À chacun de choisir le miroir qui lui renvoie une image susceptible de le faire cheminer, s’il le souhaite. Ce n’est pas tant le cheminement de l’artiste qui importe, que le chemin qu’une œuvre ouvre à celui qui la regarde.
Nous ne sommes pas identiques, notre capacité de perception n’est pas universelle. Existe-t-il des lunettes pour pallier cela ?
Le discours sur les œuvres se teinte souvent de l’air du temps, faussant parfois le regard, et l’effet de l’œuvre elle-même, en sa matérialité, mieux en son incarnation, est plus fiable au regard le plus simple, le plus dénudé, dans sa « docte ignorance ».
Joëlle Foussard
Vendredi 13 décembre 2019, Sainte Lucie |
|
| |
|
|
|