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ARTISTES
DE A à Z


Pascal NAVARRO 

Les phosphorescences sont des images qui apparaissent et disparaissent dans un même mouvement. Elles n’existent matériellement nulle part, et ne sont qu’une rémanence immatérielle et fugace
 
 
21, rue Noailles 2015
Installation, projection luminescente
D’après photographies fonds Gérard Detaille ©
 
En 1896, alors âgé de 77 ans, Nadar fonde un atelier photographique à Marseille au 21 rue Noailles, désormais 77 la Canebière. Il choisit pour successeur en 1901 un jeune photographe talentueux nommé Fernand Detaille, auquel il laissa utiliser son nom. Trois générations de Detaille se sont succédés sur la Canebière et y ont maintenu le studio jusqu’au transfert de son activité en 1987. L’activité maintenue tout au long du XXeme siècle a permis à l’atelier Nadar de rester dans un état de conservation d’une rare authenticité jusqu’ à une date récente. L’atelier, désaffecté à la fin des années 80. Vendu par la ville de Marseille à la société mixte Marseille Aménagement qui le revend à son tour en 2009, l’immeuble s’est peu à peu dégradé. Inscrit récemment au titre des monuments historiques, il devait être restauré et devenir un lieu culturel prestigieux dédié à la photographie.
Le 15 juin 2014, l’atelier a été complètement détruit. C’était alors le seul atelier Nadar conservé, et le dernier studio de photographe professionnel du 19eme siècle préservé en France.
Source : Patrimoines en PACA, lettre d’information de la DRAC, mars 2012.
 
Pascal Navarro remercie Gérard Detaille pour l’accès à son fonds photographique et sa collaboration.
 

 

L’orée 2014
Installation, projection luminescente.

L’orée, pièce conçue pour mon exposition personnelle Déjà septembre à Lyon, en juin 2014, s’inscrit dans la branche des phosphorescences. Un projecteur diapo diffuse des tâches de lumières qui semblent évoquer des constellations. La surface luminescente conserve les traces lumineuses quelques instants, de telle sorte qu’une image, présente pourtant sur aucune diapositive, se constitue progressivement, mais disparaît également dans la même durée.

 

 

Que deviendra ta maison ? 2014
Installation, projection luminescente

Pour répondre à l’invitation de l’artothèque Antonin Artaud à Marseille, installée au sein du lycée, je me suis intéressé à l’histoire du lieu en m’interrogeant sur ce que l’établissement actuel avait pu remplacer - sur ce qu’il avait effacé. Comme la plupart des quartiers périphériques de la ville de Marseille, l’actuel 13eme arrondissement était couvert de ce qu’on appelle des campagnes, c’est à dire des champs, des cultures et des pâturages. A l’adresse actuelle du lycée se trouvait donc la campagne La fougasse, sur laquelle était installée une grande ferme où vivait la famille Lerda, pratiquant l’agriculture et le maraîchage. L’expropriation de la ferme a été prononcée en 1972 pour permettre la construction de l’établissement actuel.

 

 

In extremis 2012
Projection diapositive sur surface phosphorescente

L’installation est composée d’un projecteur diapo à carousel qui tourne automatiquement. Sur les 60 vues, une seule contient une image. C’est la seule diapositive que je possède de ma mère jeune. Mon père avait pour habitude de me donner ses diapositives ratées, et je les projetais dans ma chambre.
L’image est projetée sur une paroi luminescente. Elle disparaît lentement dans le noir, puis vient s’imprimer à nouveau sur la surface sensible du mur.

 

 

Chambre d’écho 2011
Installation, projection luminescente

"L’obscurité du lieu exacerbe le déclenchement d’un ancien projecteur diapo à carrousel qu’aucun autre bruit ne vient parasiter. Outre ce son répétitif, l’œuvre dans sa globalité peut se percevoir comme un écho au récit d’Annie Ernaux, Les Années.
Projetés au mur sous la forme d’un diaporama, qui rappelle qu’Annie Ernaux prend comme point d’appui des descriptions de photos de famille, les mots restent quelques temps accrochés au mur, se confondant pour un temps avec les suivants, avant de retourner lentement, progressivement, dans leur nuit.
Si l’installation semble reprendre à son compte le constat d’Annie Ernaux (toutes les images disparaîtront), ou que le défilement du temps n’empêche pas ses chevauchements, elle en propose avant tout une expérience spatiale. Dans cette installation, Pascal Navarro mène son travail vers de nouveaux domaines formels, tout en restant fidèle à ses préoccupations. Comme dans plusieurs de ses pièces antérieures, l’image est au cœur du dispositif, mais conditionnée par une expérience unique de son espace. Son apparition instaure un effet d’émerveillement qui semble paradoxalement pointer la menace de sa propre perte."
Céline Ghisleri

 
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