Stefan EICHHORN 

Tents 2010 – 2019
Tissu, fermeture clair, btons de bois
Rsine poxydique, fibre de verre

Tente grise, 2010
320 x 280 x 207 cm
Tente colore, 2012
410 x 450 x 275 cm
Tente noir et blanc, 2019
320 x 300 x 220 cm

 

Au cours d’un long séjour à Chicago, Stefan Eichhorn s'est passionné pour le mouvement de la contre-culture américaine, ce mouvement culturel qui s'est développé massivement aux Etats-Unis, entre 1965 et 1975. Le terme américain « Counterculture » le décrit comme un mouvement de la jeunesse contre le système capitaliste, la guerre du Vietnam et plus généralement contre toutes les valeurs bourgeoises véhiculées par la génération précédente. Ce mouvement s’est popularisé grâce au développement d’innombrables communautés hors des grande villes. On estime qu’il y avait, au début des années 1970, jusqu’à 10 000 communautés actives aux États-Unis. Le prototype de ces communautés rurales a été fondé en 1965 à Trinidad, dans le Colorado, par plusieurs étudiants et artistes qui ont acheté une parcelle de terrain pour presque rien, afin d'y construire leur propre communauté. Communauté qu’ils ont nommée Drop City.
Drop City décrit ce recul, le sort de la plupart de ces communautés rurales. Fondée par les filles et les fils de la classe moyenne principalement blanche, Drop City souhaitait être un symbole d'un autre modèle de société, loin de la consommation, du capitalisme et de l’autorité dominante. Même la nature des logements était conçue comme une alternative à l’hébergement traditionnel. Au départ, les fondateurs de Drop City n’avaient pas d’idée précise sur la forme que prendrait ce projet. Et c'est finalement grâce à un grandiose hasard de l’histoire, que l’entrepreneur, architecte et inventeur Richard Buckminster Fuller se trouvait justement dans le Colorado, au moment de la conception de Drop City, pour y présenter son invention des Geodesic Domes. Il est devenu immédiatement une évidence que Drop City serait la première communauté qui se composerait exclusivement de dômes géodésiques et qu’elle serait construite avec les déchets de la civilisation, avec des matériaux peu onéreux. Très vite, grâce à l’excellent réseau de la contre-culture et à leur nombreuses publications, l´invention s’est répandue. Le dôme géodésique est ainsi devenu le symbole du mouvement et presque toutes les communautés américaines se sont équipées de dômes manuellement construits.
Drop City, ainsi que l’ensemble du mouvement a commencé à imploser au milieu des années 1970 - le refus du capitalisme et de la consommation ont conduit la plupart des communautés dans une extrême pauvreté et les conflits fréquents au sein des groupes en ont fait le reste. Dans les années 70, l’aventure de la Contre-Culture s’est ainsi terminée et la plupart de ses membres sont revenus dans les villes.
Mon travail Tents porte sur le contenu visuel du mouvement avec l’apparition des dômes géodésiques.
Tents se compose de trois grandes tentes de plain-pied, construites avec des matériaux peu onéreux: des tissus et des bâtons en bois. Leur forme est issue des facettes triangulaires des dômes géodésiques mais reste imparfaite vu que la version est bosselée. Les deux tentes peuvent être montées et démontées dans un court laps de temps, demeurant ainsi une architecture temporaire. Imperfection et volatilité, les propriétés propres à ces tentes, représentent ainsi une métaphore de l’utopie échouée de la Contre-Culture.

 
 
 
 
Tents 2010 – 2019
Tissu, fermeture clair, btons de bois Rsine poxydique, fibre de verre
 
 
 
 
Tents 2010 – 2019
Tissu, fermeture éclair, bâtons de bois Résine époxydique, fibre de verre
 
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