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ARTISTES
DE A à Z


Boris CHOUVELLON 

Fronts de morts (France) 2003
Édition, photographie 10 x 15 cm

Cela vient d’un lapsus entre front de mer et front de mort. Un projet qui part de Nice. Ensuite l’utilisation d’un appareil photo jetable rentre dans une logique : faire des photos comme on consomme le paysage des fronts de mort. Le projet s’étend de Nice à toute la côte méditerranéenne, Menton à Port Bou. Le projet est devenu une performance afin d’être décalé et de ne pas prendre la posture d’un touriste, il fallait aller « trop » vite comme dans une longue étape du tour de France : commencer le matin au soleil levant et finir avec le coucher du soleil tout en enchaînant les stations balnéaires jusqu’au dégoût. A chaque station, descendre de la voiture, prendre deux photos avec le jetable, n’avoir qu’à régler le cadrage. D’est en ouest, toute la journée, la mer à gauche, la terre à droite. La consommation du bonheur des vacances. On ne peut plus se plaindre et faire de revendication. S’offre à nous la seule liberté de choisir entre une glace au chocolat ou à la vanille. Une sorte de paysage à l’égal du barbelé : la standardisation, partout la même chose pour ce genre de matériau.
La forme édition correspond au format carte postale elle aussi standardisées avec toujours les mêmes vues de mer avec couchés de soleil, avec quelques rochers, un bout de sable ou un aperçu de l’architecture balnéaire ou de villages tous flambants neuf façon Disneyland.

This came about from a slip of the tongue between fronts of the sea and death. It’s a project that originated in Nice. The use of a disposable camera enters into the logic of making photos in the same way one consumes a seaside landscape. The project extends all along the Mediterranean Coast, from Nice, to Port Bou, to Menton. The project turns into a performance in order to be “out of sync” and not take the position of a tourist. It was necessary to go faster, like in a long stage of the Tour de France: Starting early in the morning at sunrise and finishing at sunset, by visiting one sea resort after another, to the point of disgust. Getting out the car, taking a couple of disposable pictures, merely by adjusting the framing; all day, from the East to the West, with the sea of the left and the land on the right: Happy holiday consumption. One cannot complain or demand anything. We only have the freedom to choose between chocolate and vanilla ice cream. It’s a kind of landscape on a par with barbed wire: The standardization is exactly the same for these kinds of materials. The edited form corresponds to a postcard format, which is also standardized with the same sea views at sunrise, sunset, a few rocks and a bit of sand or a glimpse of seaside architecture, or brand new Disneyland-style villages.

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