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ARTISTES
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Baptiste CÉSAR 

Le murmure du réverbère 2018
Mastic résine, aluminium, pvc, métal, lumière diode, système sonore, pavés en granit, 5,25 x 1,30 cm
63ème Salon de Montrouge, 2018
 
Le murmure du réverbère 2018
Série de 20 poèmes
 
 
Un art qui revalorise l'utopie urbaine

C’est une sculpture assez surprenante que pourront découvrir les visiteurs du salon de Montrouge. "Le murmure du réverbère" est une reproduction en aluminium et résine d'un lampadaire urbain qui fera face à ses frères de banlieue, visibles dans la rue de l'autre côté de la fenêtre du Beffroi. Positionné en effet miroir dans l’espace d’exposition, il s'éclairera la nuit et témoignera, à la manière de Magritte, d’une inquiétante étrangeté. Le jour, éteint, il chuchotera un recueil écrit par l’artiste et dont une édition papier sera consultable sur place. Cette édition conservera à la fois poèmes et photos au grès des performances aléatoires de l'artiste.

La clef de l’énigme de cette installation s’appelle Baptiste César. C’est un artiste stégophile, une personne attirée irrésistiblement par les toits. Il les escalade, jour et nuit et s’empare alors de la ville comme terrain d’expérimentation artistique. Il est stégophile mais terre-à-terre. La tête dans les étoiles mais les pieds sur le pavé... Baptiste César se nourrit de littérature : Baudelaire, John Fante, Charles Bukowski, Georges Pérec. Il aime aussi le mouvement Dada, Kurt Schwitters, Gordon Matta Clark, Jenny Holzer, Paul Mac Carthy ou encore les Situationnistes. Il puise également son inspiration dans la culture alternative, les réseaux underground, le cinéma et la bd.

Il aime jouer de la thématique de la ville, des lieux abandonnés, de la déambulation, du détournement et de l’absurde: une vitrine de Noël, normalement chatoyante, devient une ville de western silencieuse, une série de phrases sous forme de haïkus sont gravées sur des galets, un radeau construit d’éléments de récupération parcourt les rues de Paris…

L’intelligence de cet artiste atypique est de travailler sur la notion d’impossible, du refus du modèle s’interrogeant sur l'improbable et le magique. Sa pratique s’enrichit de manière protéiforme, avec spontanéité, sensations in-situ, mêlant risque et amusement. Elle se nourrit de l’utilisation sans contrainte d’une liberté difficilement préservée et d’autant plus précieuse. Il y a une force peu commune dans ses projets, une malice et une forme d’utopie qu’il affectionne particulièrement. À travers son parcours artistique, il parvient à fissurer l’opacité du présent et à frapper de dérision l’univers actuel. En cela, il est unique.

Françoise Docquiert
 
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