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Brigitte BAUER 

Vues de l'exposition France(s) territoire liquide, Tripostal Lille 2014

Brigitte Bauer promène son chien tous les jours le long du Rhône, dans les environs d’Arles. Elle emporte toujours avec elle son téléphone portable pour photographier son chien quand il explore le territoire.
Les animaux possèdent leurs propres territoires définis par les odeurs et les sons. Quand des maîtres promènent leurs chiens, ces derniers, en se laissant guider par leurs sens, interrogent nos frontières humaines plus rigides établies par la loi et les barrières. Les animaux comme les chiens mettent au défi notre interprétation du monde et de ses frontières fixes, ces frontières dont nous avons besoin pour notre sécurité. Les chiens suggèrent qu’il existe une autre manière de naviguer dans le monde, une autre manière de voir, et ramènent les humains à un temps plus ancien, un temps d’avant les nations et les frontières formelles, à une vie utopique imaginaire dont la peur serait absente. C’est peut-être d’ailleurs pour cette raison que nous avons des chiens : ils nous rappellent qu’il est possible de s’affranchir des contraintes des frontières, et de considérer le monde comme un ensemble de territoires liquides.
Paul Wombell, pour l'exposition France(s) Territoire liquide au TriPostal, Lille, 2014
2011-10-30 16.01.36
Impression numérique, formats et supports variables
 
2012-01-08 15.31.56
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2012-01-16 15.37.24
Impression numérique, formats et supports variables
 
2012-02-23 14.11.33
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2012-03-13 14.39.51
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2013-06-20 08.37.31
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2014-03-01 16.15.27
Impression numérique, formats et supports variables
 
Les journaux parlent de tout, sauf du journalier. […] Ce qui se passe vraiment, ce que nous vivons, le reste, tout le reste, où est-il ? Ce qui se passe chaque jour et qui revient chaque jour, le banal, le quotidien, l’évident, le commun, l’ordinaire, l’infra-ordinaire, le bruit de fond, l’habituel, comment en rendre compte, comment l’interroger, comment le décrire ? Interroger l’habituel. Mais justement, nous y sommes habitués. Nous ne l’interrogeons pas, il ne nous interroge pas, il semble ne pas faire problème, nous le vivons sans y penser, comme s’il ne véhiculait ni question ni réponse, comme s’il n’était porteur d’aucune information. (Georges Perec, L’Infra-ordinaire).
C’est ainsi que j'ai commencé la série de photographies Dogwalk, où je reprends inlassablement les mêmes trajets avec ma chienne Charo. En fonction du temps dont je dispose, ou de la météo, ou de l’humeur du moment, j’emprunte un trajet plutôt qu’un autre parmi une douzaine de parcours : un chemin de fer abandonné, les digues du grand Rhône et du petit Rhône, les sentiers le long des canaux d’irrigation, des terrains vagues, un chantier, un étang, des chemins forestiers, des terrains agricoles, un site touristique à l'écart de la ville, un sentier de découverte en Camargue.
Marcher seule ou marcher avec un chien, ce n’est pas la même chose. Charo a son propre rythme, ses propres centres d’intérêt, dans sa vision avant tout sensorielle du monde. D’une promenade à l’autre, il y a répétition et il y a variation. Inlassablement, prendre ce qui se présente, revoir ce que j’ai déjà vu. De l’eau, des arbres, des promeneurs, des coureurs, des chiens, des plantes, des fruits, des fleurs, des chemins, des sentiers, l’ombre, la lumière, la poussière, des déchets, des objets surprenants, de beaux paysages, des immeubles, des engins, des petites villas, des lotissements, des ruines aussi. C'est avec un smartphone que je photographie ces paysages du quotidien, tout simplement parce que c’est un appareil que je porte sur moi en permanence. Si l'outil s’est tout de suite imposé, je l’utilise pourtant à contre-emploi, loin d’une esthétique du banal ou de certains aspects aléatoires du journal intime. Le titre de chaque image est automatiquement donné par l'appareil : année-mois-jour-heure-minute-seconde.
Parfois c’est Charo, malgré elle évidemment, qui produit des images : une mini-caméra étanche est attachée à son harnais de façon à être plus ou moins parallèle à son corps, car il est important qu’elle soit présente dans le cadre. Bien que j'aie choisi la caméra, procédé aux réglages de base, attaché la caméra au harnais, actionné le bouton « on/off », il y a une bonne part d’aléatoire dans les vidéos obtenues.
Brigitte Bauer
 
Charo's video 2014
Vidéo, 29'26'', muet, projection en boucle

Charo's video est liée aux promenades de Dogwalk et peut être considérée comme le making of de cette série de photographies.
 
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