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ARTISTES
DE A à Z


Pascal NAVARRO 

Nous nous suivons de près, extrait du texte de Leila Quillac, 2013
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La joie triste, texte de Céline Ghisleri, 2010
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Les quelques artistes que je cite en référence m'accompagnent et nourrissent mon travail. Voici quelques précisions sur l'intérêt qu'ils ont pour moi, mais ces remarques succinctes sont loin de couvrir la totalité de ce que ces oeuvres m'apportent, et dont il me reste l'essentiel à découvrir. Certains aspects sont techniques, artistiques, ou relèvent simplement d'humeurs.

Je dessine en écoutant Jean-Louis Murat, Dominique A, David Bowie, et les cours de Bernard Stiegler.

Pierre Bourdieu m'a aidé à comprendre les questions liées au déterminisme social, que j'ai retrouvées par la suite chez Annie Ernaux et Didier Eribon.

J'ai utilisé Les années d'Annie Ernaux pour la pièce Chambre d'écho. C'est par sa lecture que j'ai appris à construire les titres de mes pièces, de mes dessins notamment.

Je pense qu'il faut lire rester vivant de Michel Houellebecq, comme un remake des lettres à un jeune poète de Rilke.

Chez Georges Pérec, je retiens la méthode objective associée à la charge affective du souvenir. Tension que je retrouve également chez Roland Barthes.

Mon travail de l'image trouve de nombreux échos dans l'approche de Georges Didi-Huberman : l'image comme résultat d'une imagination, à entendre à la fois comme formation et revenance (fantômes), et comme apparition (phasme). J'ai découvert, bien après avoir débuté les phosphorescences, sa notion d'image luciole.

Dans une scène de Roma de Federico Fellini, une image disparait, définitivement, au moment même de sa découverte par un groupe d'archéologues. Dans Blow up de Michelangelo Antonioni, la disparition du motif n'est pas liée à la question de la préservation, mais de la croyance.

Le personnage de Monsieur Hulot, de Jacques Tati, mène une lutte obsessionnelle avec le temps, à travers la question, circonstancielle à mon avis, du progrès technique. Sous un autre aspect, on retrouve l'obsession du temps dans Muriel d'Alain Resnais.

Berndt et Hilla Becher représentent un des principaux paradigmes photographiques actuels. J'ai repris l'essentiel de leur protocole dans la série Garages, en lui conférant une dimension affective et nostalgique, et peut-être pour me débarrasser de cet héritage embarrassant. Les Châteaux noirs relèvent un peu de la même logique.

J'ai compris grâce aux dessins de Vincent Van Gogh ce qu'était une écriture graphique.

J'ai compris que la peinture était un art à la fois formel et conceptuel - grâce aux brushstroke de Roy Lichtenstein. Cézanne ne m'avait pas suffit.

Mes dessins de la série Eden Lake peuvent rappeler les seascape de Hiroshi Sugimoto. Certains sont construits de manière quasi symétrique, comme la vague de Hokusai.

La technique pointilliste du dimanche à la grande Jatte de Georges Seurat semble rappeler par certains de mes dessins entropiques, mais c'est aussi le motif du tableau qui m'intéresse. Celui d'une scène de vie qui pourrait sembler heureuse.

J'aime les images des pré-raphaélites et symbolistes anglais comme John William Waterhouse.

Chez Gustave Doré, c'est principalement la technique de ses graveurs qui m'intéresse.

Le génie technique du Christ de Claude Mellan est indépassable et occupe une place à part, presque à l'écart de l'histoire de l'art.

J'ai une passion pour Pieter Bruegel l'ancien. J'aime me perdre dans ses espaces qui confondent l'infiniment grand et l'infiniment petit, le strictement matériel et le purement spirituel, le tout proche et le très lointain. J'aime aussi sa capacité à faire de belles boîtes de chocolats de Noel.

Toute illustration qui peut évoquer un pays idéal m'intéresse.

Il me semble que la première moitié du film Fanny et Alexandre est un modèle de vie désirable. Mais Ingmar Bergman ne l'a peut-être construite que pour rendre la suite plus cruelle.

Hergé est mon Homère. Il est inépuisable. Comme Alfred Hitchcock.

Je tiens Chris Ware pour le plus grand génie vivant. Je conserve précieusement toutes ses publications. Je collectionne également les différentes éditions des oeuvres de Winsor Mc Kay.
Pascal Navarro, 14 mars 2015