documentsdartistes.org

ARTISTES
DE A à Z


Véronique RIZZO 

BlueBeard's Castle

BlueBeard's Castle 2011
Sculpture in situ, aluminium peint, 500 x 350 cm
Domaine de Grand Boise, Pays d'Aix


Bluebeard's Castle est une déclinaison sculpturale des Paysages australiens, série de clichés ramenés de voyage sur lesquels j'interviens par gestes numériques, accidents vectoriels.
Les structures, perturbatrices de la vision, font apparaître le paysage à travers les architectures utopiques, épiphaniques virtualités, lévitations constructivistes…
Le paysage photographié y gagne alors un autre statut, devenant moins une image qu'un mythe.
Avec Bluebeard's Castle, j'adapte le principe in situ dans le domaine viticole de Grand Boise, à échelle médiane entre le corps et la vallée.
L'emplacement de la sculpture situé sur de nouvelles canalisations d'eau façonnées en béton, marque un endroit stratégique. Un endroit de crise ou d'entrée en crise du paysage séculaire: on passe d'une gestion traditionnelle de l'eau, puits et retenues d'eau en réseau invisible et prévoyant, à une gestion moderne de l'apparence, du ruissellement et de la perte.
On pense aux Taureaux noirs des autoroutes espagnols, aux peintures de non-lieux d’Ed Ruscha, à un objet de design surdimensionné, ou à un morceau de décor abandonné là.
Le titre de la sculpture, rappel à l'opéra de Bartok, relie cette sculpture à ma pratique récente sur les dessins My People, série-hommage aux artistes de la rupture du début du XXème siècle.
Le Chateau de Barbe-Bleue, image de la psyché, révèle peu à peu l'envers sombre de son décor.
Derrière chacune des sept portes, un aspect de la personnalité cachée du prince se révèle : salle de torture – violence, salle d'armes – force, salle de trésor – richesse, jardin secret – beauté, royaume – pouvoir, lac de larmes – tristesse, les anciennes femmes – amour et passé.


Ondes jaunes

Ondes jaunes 2011
Multiple, production Astérides, Art-O-Rama 2011

« Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité
Vaste comme la nuit et comme la clarté
Les parfums, les couleurs se répondent… »
Charles Baudelaire « Correspondances » - Les Fleurs du mal


Depuis l’antiquité et les premières recherches de Pythagore sur l’harmonie des sphères, artistes et philosophes ont tenté de relier par de possibles analogies les vibrations sonores et lumineuses, cherchant à percevoir l’unité de l’âme du monde telle que la décrit Platon dans le Timée.
Cette recherche synesthésique poursuivie inlassablement illustre la quête métaphysique du monde où se rejoindraient les fréquences ondulatoires colorées et sonores, où les sens pourraient atteindre un niveau plus élevé de perception cosmique. Reprise par les avant-gardes du début du XXème, cette idée est à l’origine d’expériences et de nombreuses tentatives où artistes et musiciens à travers machines, inventions théoriques et dispositifs, nous amènent à percevoir l’invisible système.
Ondes jaunes est un hommage à cette quête idéaliste et non encore achevée où la concordance des corps lumineux et sonores confondrait la perception en une extase holistique.


Peintures 2011

Peintures, 2011, vues d'atelier

Retour