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ARTISTES
DE A à Z


Monique DEREGIBUS 

Dans l'exposition Toucher l'indicible Monique Deregibus présente Groupe Méditerranée, Liban, été 2005, un ensemble de photographies réalisées l'été dernier au Liban, et plus précisément dans la ville de Beyrouth; comme dans les séries précédentes il s'est agi pour Monique Deregibus, dans un laps de temps extrêmement bref, de tenter de traduire une rencontre visuelle faite de heurts, de lacunes, voire d'impossibles.
Le choix des villes, notamment Sarajevo, n'est nullement hasardeux et permet de maintenir à vif une violence en représentation qui aurait pour équivalence intime l'acte même de la photographie.
Ainsi de Beyrouth : où chaque image produite s'inscrit à la fois dans un ensemble qui la dépasse et dont elle est pourtant nécessairement un maillon singulier à lire comme paradoxe : d'abord comme totalité rencontrée dans l'espace logique de chacune d'entre elles; invitée ensuite à se dénouer aussitôt par la force combinatoire, voire contaminante de l'ensemble du bloc, tout autour.
Vingt-sept photographies donc, "ramenées" du Liban, décollées d'une géographie presque lointaine et malheureusement prémonitoire; ayant chacune sa propre logique de retranscription, invitée à poser ici ou là les jalons d'une quête complexe de signes opaques, d'indices à bas bruit, d'interférences hasardeuses prélevés au gré des déplacements.

10 heures 10 Beyrouth, place de l'étoile : la photographie exhibée à l'intérieur de la photographie nous indique l'heure en quelque sorte, révélant ainsi le trouble des temporalités : toujours arrêté, figé, fractionné, toujours périmé, le temps photographique fonctionne comme leurre traquant un réel qui se dérobe.

1982-2005, Chatila Beyrouth

In the exhibition Toucher l’indicible, Monique Deregibus shows Mediterranean Group, Lebanon, summer 2005, an ensemble of photographs made last summer in Lebanon, and to be more exact, in the town of Beirut; as in the previous series, Monique Degeribus attempted to transpose, in a very brief lapse of time, a visual encounter made up of shocks, absences, and even impossibilities.
The choice of the towns, particularly Sarajevo, was not fortuitous and enabled the violence in representation, which would have as its intimate counterpart the photographic act itself, to be kept alive.
Thus from Beirut : where every image produced is at the same time part of a context that goes beyond it and of which it is however inevitably a particular link to be read as a paradox: first as the totality met in the logical space of each one of them ; then invited to disconnect itself, using its combining even contaminating force, from the whole block all around.
Twenty-seven photographs then, “brought back” from Lebanon, taken off from a geographical region that is almost far beyond and, unfortunately, premonitory ; each one with its own logic of rewriting, invited to place here and there the marks of a complex quest of opaque signs, softly spoken clues, fortuitous interference picked up as moving along.
10 hours, 10 Beirut, place of the star: the photograph shown inside the photograph in some way indicates the time to us, thus identifying the difficulty of temporalities : always stopped, motionless, fractioned, always expired, photographic time functions like a bait tracking a reality that conceals itself


Groupe Méditerranée, Liban, été 2005
Photographies argentiques couleur, 60 x 70 cm et 90 x 110 cm
Vues de l'exposition "Toucher l'indicible", Crac, Sète
Photographies François Fernandez
Mediterranean Group, Lebanon, summer 2005
Colour silver prints


Voir la série "10h10, place de l'étoile, Beyrouth, Liban été 2005"
Voir le triptyque "N 310 MF, Aéroport Gémayel, Liban été 2005"
Voir la série "1982, Chatila, Beyrouth"