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ARTISTES
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Boris CHOUVELLON 



Un drôle de manège (je passe mon tour), 2014
Béton armé, métal, bois, 3 x 5 x 5 m
Vues de l'exposition Les os et les pierres se ressoudent plus vite que les notres, La Compagnie iieu de création, Marseille

«Le manège ne tourne plus. Arrêt, suspension du mouvement et du temps. Ensevelissement. Figure de l’envol des poussettes (au lieu des habituels sujets : avions, voitures, licornes...), que retiennent les grains du singulier. Cette poussière grise, n’est-ce pas la puissance d’annihilation du neutre blanchotien (Maurice Blanchot a pensé la littérature comme étant une émanation du Neutre, c’est-à-dire de l’impersonnalité du «il» propre à l’écriture et à son désastre)? Manège désossé. Poudre blanche comme la farine où meurt le vampire de Dreyer dans son moulin infernal. Gris. C’est-àdire dissolution de la couleur, des contrastes. Cette sculpture se dissimule, mais plus encore, elle dissimule qu’elle se dissimule. Le vide rayonne alors, fait briller l’air. Joie du néant, de l’enfance des terrains vagues.» (Paul-Emmanuel Odin)
L’oeuvre dans la salle est visible depuis la rue afin d’interroger les passants. Sa construction en ruine fossilisée (béton armé de métal) croise les constructions modernistes propre aux loisirs mécaniques, des grandes roues, des toboggans et des manèges en particulier.
Le choix de l’archétype du manège, présent dans l’inconscient collectif, n’est pas innocent. Il est pour les adultes tournés vers le passé, une part d’enfance perdue. Pour les enfants il est tourné vers son utilisation et sa rotation future. Un drôle de manège est aussi un de ces lieux de socialisation ambivalent, où les adolescents du quartier jouant « aux grands » retombent malgré eux de courts instants en enfance dans des pratiques régressives en visitant l’exposition.»

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